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LES BONNES PRATIQUES DU CORPORATE VENTURE CAPITAL

Le Corporate Venture Capital (ou capital-investissement d'entreprise) est en passe de s’imposer comme le maillon fort de la chaîne de financement des startups en France. Pourtant, il reste aujourd’hui sous développé et insuffisamment professionnalisé. C’est pourquoi nous avons décidé de nous y intéresser plus en profondeur afin d’atténuer les craintes qu’il peut générer et de répondre aux questions qu’il pose.

Pas mal chahuté par le passé, le Corporate Venture connaît aujourd’hui en France un nouvel essor. Le nombre de transactions se développe et de plus en plus de corporates créent leur propres fonds. Pourtant cette croissance est à relativiser : les fonds corporate français ont investi 24 fois moins que les Etats-Unis en 2015. Face à ce constat, il est important d’accélérer et de dynamiser le capital risque d’entreprises en France car il peut véritablement créer de la valeur pour les entreprises, les startups et les grands groupes.

Le Corporate Venture ne peut pas s’improviser ! Il est l’affaire de spécialistes et en ce sens il doit se professionnaliser.

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Comment dynamiser le Corporate Venture Capital en France afin qu’il devienne un véritable outil de création de la valeur pour les entreprises, qu’elles soient des startups ou des grands groupes ?


En collaboration avec M. Pierre Karpik, associé au sein du cabinet Gide Loyrette Nouel, nous avons cherché à apporter un éclairage et des solutions pour réduire le gap culturel et la perception des acteurs sur les risques réciproques qu’ils représentent les uns pour les autres.

Pour cela, nous avons fait appel à un panel* de corporates, startups, investisseurs et avocats français afin de mettre en avant les points de convergence existants et de proposer une organisation des relations qui optimisent les positions réciproques.

Même si chaque investissement est différent, il est clairement apparu qu’il était aujourd’hui nécessaire de promouvoir des bonnes pratiques pour faire évoluer le Corporate Venture Capital. Ces pratiques et solutions peuvent être de nature juridique ou non. Dans tous les cas, il s’agit de solutions basées sur des expériences vécues, et non de manière théorique. A ce titre, nous avons fait état de ce qui fonctionne en pratique et nous avons synthétiser une voie moyenne respectueuse des objectifs des uns et des autres.

 

Nous avons dans un premier temps mis en évidence les moyens de la convergence :

 

  • LA COMPRÉHENSION DES MÉCANIQUES JURIDIQUES

Il n’est ni possible, ni pertinent de définir une réponse unique pour répondre à notre problématique. C’est pourquoi, afin de définir une position de compromis acceptable pour les parties engagées il est important d’avoir une bonne compréhension des mécaniques juridiques en cause et des instruments existants.

  • LE PACTE D’ACTIONNAIRES : L’OUTIL DE LA CONVERGENCE

Au delà des bonnes pratiques, l’instrument juridique permettant d’instaurer une véritable convergence entre les parties est le pacte d’actionnaires de la startup. La négociation du pacte d’actionnaires est le moment central permettant de construire une relation à long terme et prévenir les potentiels conflits d’intérêts entre les différentes parties prenantes. C’est pourtant là que se cristallise la majeure partie des anxiétés qui peuvent exister alors que ce pacte devrait permettre de tisser de véritables liens de confiance entre les acteurs.

  • RASSURER LES PARTIES PRENANTES

Il est primordial de se méfier des positions radicales, aussi bien « pro-startup » (qui nient en bloc la spécificité du corporate considéré) ou « pro-corporate » (qui font fi de l’indépendance naturelle revendiquée par la startup et ses actionnaires), pour trouver une voie moyenne, respectueuse des contraintes de chacun. Les positions prises doivent permettre de rassurer les parties sans entraver la capacité du corporate à favoriser le développement de la startup et le corporate à tirer de cette participation le bénéfice qu’il est venu chercher.

  • PROMOUVOIR DES BONNES PRATIQUES

Chaque investissement connait ses spécificités, cependant il est aujourd’hui important de pousser des bonnes pratiques afin de faire évoluer le Corporate Venture Capital.

 

Voici les bonnes pratiques en question :

 

  • DES OBJECTIFS CLAIREMENT ANNONCÉS 

Dès lors que les objectifs de chaque partie prenante sont énoncés de façon claire et transparente, les chances de succès du deal seront maximisées. Pour le corporate il s’agira par exemple d’anticiper les tendances de marché, d’assurer une veille technologique, de détecter les nouveaux modèles économiques et/ou de renforcer les liens entre le corporate et l’écosystème des startups. Pour la startup ce pourra être un apport financier, une expertise sectorielle, des synergies et/ou un réseau.

  • L’INVESTISSEMENT HUMAIN : UN FACTEUR CLÉ DE SUCCÈS

D’une manière générale, il est primordial de favoriser en amont les échanges entre le corporate et la startup pour favoriser une meilleure connaissance réciproque et ainsi permettre de lever les difficultés. Il faut accorder du temps à créer un climat de confiance entre les entrepreneurs et les équipes d’investissement du corporate afin de permettre une négociation harmonieuse. Il peut alors être envisagé de mettre en place une équipe dédiée, constituée de professionnels qui ont l’habitude de travailler en direct avec des startups.

  • LES SPÉCIFICITÉS DES STARTUPS : UN ENJEU DE COMPRÉHENSION

Il s’agit de prendre en compte les spécificités des startups. Par exemple, le rythme, qui diffère de celui des corporates. Il faudra alors travailler à s’acclimater afin de ne jamais freiner le développement la startup. Le corporate doit également accepter que la startup ait des comportements plus risqués que ce qui se pratique au sein de son groupe. Cela doit se refléter dans la liberté laissée à la gestion. Enfin, il est nécessaire de respecter l’indépendance souhaitée par les entrepreneurs.

  • UNE COMMUNICATION EXTERNE CLAIRE ET TRANSPARENTE

Un soin particulier doit être apporté à la communication extérieure, des deux côtés, afin d’expliquer au marché les raisons et les motivations du corporate d’entrer au capital de la startup. Celle-ci pouvant être engagée auprès d’autres corporates, y compris des concurrents par exemple. Cela permettra d’éviter des effets opérationnels négatifs à la prise de participation.

  • INVESTISSEURS ET EQUIPES OPÉRATIONNELLES : DES RÔLES DISTINCTS

Sauf cas particulier, il est préférable de distinguer le rôle des investisseurs de celui des équipes opérationnelles. Le mélange des genres pouvant créer une certaine anxiété, les langages et les objectifs n’étant pas les mêmes (d’un côté, développer l’opérationnel, de l’autre, rechercher une plus-value et favoriser la croissance de la startup). Dans le même sens, il faut distinguer avec soin ce qui relève des contrats opérationnels et ce qui relève de l’investissement.

  • LA DIVERSITÉ POUR RÉUSSIR

Plus généralement, il est recommandé de favoriser les situations de coexistence entre corporate et/ou autres corporates et/ou fonds financiers, plutôt qu’une simple confrontation entrepreneur/corporate. C’est dans cette diversité d’actionnariat que l’on arrive à trouver des compromis qui sont acceptables pour les uns et pour les autres.

  • ÊTRE DU CÔTE DE LA STARTUP

Il faut garder à l’esprit que le développement de la startup sera nécessairement favorable à l’ensemble des parties prenantes. Un vrai travail est à faire afin de trouver une voie moyenne entre le rendement financier et le développement de synergies. Pour cela il est recommandé de mettre en place dans l’organisation du corporate une personne en charge des synergies. C’est cette dernière qui sera en lien avec l’investisseur, qui pourra ainsi jouer son rôle de facilitateur.

« On investit toujours avec la conviction qu’il pourrait y avoir à terme des synergies avec les opérationnels »

Philippe Dufour, Partner @ Edenred Capital Partners

 

Les bonnes pratiques ça continue !

Nous avons approfondi notre réflexion en réalisant des focus sur les solutions possibles en termes de gouvernance et de liquidité.

 

 

 


* Parmi notre panel : Jean Bertin, Principal Large Venture @ Bpifrance, Jean-François Cochy, Vice-Président @ Cathay Innovation, Philippe Dufour, Partner @ Edenred Capital Partners, Nicolas Franck, Investment Manager @ Safran, Bertrand de Frémont, Head of Open Innovation & Corporate Venture @ Groupe UP, Adrien Lebon, Directeur d’investissement @ Bouygues Développement, Yann Marteil, Directeur Général @ Via Id, Arnaud Muller, CEO @ Saagie, Matthieu Van Der Elst, Venture Capital Director @ Michelin.

 

Un grand merci à l’ensemble de notre task force !